Chacun de nous est conscient qu’il mourra mais il ne sait pas quand. Le plus important est la qualité de l’éveil face à la mort, mais il est très difficile de trouver un être correctement éveillé. Un éveil ne suffit pas, il faut s’éveiller de multiples fois, constamment.
Maître Dôgen à travers Maître Tokuda.



Depuis des années, je m’inspire de ces textes anciens sacrés du bouddhisme chan, daté du septième siècle, expliquant en quelques images et vers poétiques, le chemin de l’éveil. Le bouddhisme chan, inspiré du taoïsme, a alimenté le zen japonais et la mystique chrétienne.
Catherine Despeux a consacré sa thèse à l’analyse des différentes versions de cette métaphore du dressage du buffle, dessinée en 10 images et 40 vers dans les versions Fumyo et Kakuan. Quel rapport entre l’éveil et le buffle?
Buffle, cheval, éléphant selon qu’on soit en Inde, en Chine ou au Tibet, l’histoire se ressemble opposant parfois des écoles, celles qui laissent place à la soudaineté de l’éveil, face à celle qui défendent la nécessité de l’usure de la conscience… Alors suffit-il d’un accident, de la gifle du maître pour ouvrir les yeux et atteindre à la vision claire? Faut-il vivre des années en couple et s’user sur les schémas de l’autre? Le lien et la discipline sont-ils nécessaires?
Chacun peut se faire son idée et ce texte, voie de sagesse, a été bien commenté par Jean-Yves Leloup et Maître Tokuda. Il s’agit ni plus ni moins de l’aventure de la conscience humaine, la vie, la mort, notre rapport au moi, au soi, aux autres, à la nature, notre évolution de l’animal à la culture.
Tout est dit en très peu de mots avec une puissance symbolique importante de chacun: le brin d’herbe, les arbres, la cigale, les montagnes, le chemin, le vert, le bleu, le cercle ou le carré, la corde, le fouet…
Le chemin des initiés devient accessible à tous!




Ces images et leurs textes traduisent la quête de l’union, de la compréhension du sens de notre existence. Elles ne sont pas sans avoir été influencées par le taoïsme.
Lao Tseu et Chouang Tseu sont les premiers en Chine a avoir décrit les étapes de la vie mystique donnant accès au Tao:
La première année, je fus simple ;
la seconde, je fus docile ;
la troisième, je compris [c’est l’illumination] ;
la quatrième, je considérai mon moi comme un objet extérieur ;
la cinquième, je progressai ;
la sixième, un esprit me pénétra [extase] ;
la septième, je devins divinisé ;
la huitième, je ne sus plus si j’étais mort ou vivant ;
la neuvième, j’obtins le Grand Mystère.

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